Justice league : critique de la blase

Justice league : critique de la blase

Voilà plusieurs mois que Justice League s’est ridiculisé dans toutes les salles obscures. Nous profitons de la sortie prochaine du bluray pour vous donner notre avis sur le film, alors que nous ne l’avons toujours pas digéré…

Justice League nul part, injustice partout

Quand j’avais « défendu » l’idée que Suicide Squad était un film très moyen mais un divertissement correct qui faisait un peu trop parler de lui, certains m’ont sauté dessus pour me balancer que j’étais à côté de la plaque. Pourtant, les comics Suicide Squad n’ont strictement aucun intérêt et on ne pouvait pas attendre d’un tel film qu’il soit aussi fun qu’un Guardians of the Galaxy, qui propose de base une très bonne bd. J’étais totalement prêt à pardonner DC/Warner pour Suicide Squad parce que j’en attendais rien et qu’en parallèle ils savaient nous proposer une belle épopée entre Man of Steel et Batman V Superman. Une saga très différente de Marvel Studios, efficace et  cohérente avec ce que j’attendais des adaptations DC. Souvenez-vous de la conclusion de ma critique :

« Je l’ai déjà dit et je me répète, mais basher (ce qui est différent de donner un avis) ce genre d’oeuvre, c’est d’abord enculer les mouches, parce que Suicide Squad ne prétend rien de plus qu’un divertissement so 90, mais c’est aussi pousser à l’uniformisation totale des adaptations comics sur un modèle unique, celui de Disney. Et c’est ce qui va se passer quand les producteurs ne voudront plus prendre de risques. Là encore, c’est évident… »

 

Eh bien bim, ça n’a pas manqué, et c’est un carnage, dans tous les sens du terme.
Outre le fait qu’on vient d’apprendre que Zack Snyder s’est fait viré en pleine production et que Josh fucking Whedon a fait le film que les producteurs attendaient, c’est tout un symbole qui part en fumée. Une trilogie Snyder pleine d’ambitions sacrifiée au profit de la maille. Justice League aurait du être un carton, le nouvel Avengers au cinéma, un putain d’événement, une claque… mais non. Justice League est un film que tout le monde a oublié, sans intérêt, et qui s’est à peine remboursé. Le flop total, l’humiliation la plus écrasante, la frustration absolue pour une grande partie des fans.

review justice league

 

Le monde n’était pas prêt, Clark

Justice League n’est qu’une parodie d’un Marvel Studios. Les images Snyderiennes, celles qui ne sont pas salement retouchée par Whedon, sont belles certes. Les reshoots sont scandaleux, condamnés au plus grand ridicule par la moustache effacée sous Paint de Henry Cavill. Raté dans la forme, le film ne vaut pas mieux dans le fond. Il n’y a aucune histoire. Le pitch, c’est qu’un vilain méchant vient sur Terre et qu’il faut l’arrêter en équipe. Et c’est tout. On se croirait revenu il y a 20 ans quand les adaptations comics n’avaient ni queue ni tête. Il n’y a aucune dramaturgie, aucun moment de gloire, pas de moneyshot qui nous collent à notre siège. C’est le vide intersidéral.

Les acteurs sont à côté de la plaque presque tout le temps. Batman aurait pu être intéressant, mais il est à peine écrit, tout comme Wonder Woman. Aquaman et Cyborg n’ont aucun intérêt et Flash est joué de façon tellement étrange qu’on n’arrive même pas à l’apprécier réellement. Tous les rôles secondaires ne servent à rien (pauvre Gordon…) et Stepenwolf n’a strictement aucune profondeur. Superman, outre son soucis évident de moustache, devient une sorte de deus ex machina beaucoup trop puissant pour qu’on puisse croire une seconde que tous ces gens sont en danger. On n’a jamais peur pour nos personnages, Stepenwolf n’a aucune chance et se fait ken avec une facilité déconcertante. L’humour ne marche pas car il est quasiment autocentré autour d’un Ezra Miller en roue libre dans le rôle d’un Flash qui fait des grimaces pour nous faire rire…
Tout ça forme un étrange gachis tant on voit que le travail de Snyder est saboté sur chaque scène. Pire, une énorme partie des trailers n’est pas dans le film, notamment un paquet de scènes intéressantes comme l’hologramme de ce qui pouvait être Supergirl par exemple.

Enfin, même le sacro saint Danny Elfman ne s’en sort pas avec un score sans âme qui prend le risque incompréhensible de reprendre les thèmes de Batman version Tim Burton et du Superman de Richard Donner, sans aucune cohérence. L’ambiance de Hans Zimmer et de Junkie XL semble tellement loin…

review justice league

On attend quoi maintenant ?

Après cette purge ? Difficile d’attendre quoi que ce soit. Suicide Squad était un raté acceptable, Wonder Woman un bon divertissement sans envergure, mais Justice League… les mots me manquent devant ce fiasco.
Le naufrage est tel que toutes les équipes de production et de création ont été remplacées, et que la Warner change ses plans quasiment toutes les semaines. On envisageait presque un reboot complet avec Flashpoint. Ben Affleck devait incarner la nouvelle vision du Batman, réaliser et produire les prochains films de son personnage. Aujourd’hui il n’en est plus rien. Le prochain long métrage sera réalisé par Matt Reeves, et on ne sait toujours pas si Ben Affleck sera encore de la partie puisque des films déconnectés au DCEU (qui n’existe plus, officiellement) sont en chantier. On a appris il y a quelques jours que Joss Whedon quittait le navire (ça devient une habitude chez lui) et que l’adaptation de Batgirl était annulée au profit des membres de la Justice League. Bref tout part dans tous les sens, on n’y comprend plus rien, et il devient de plus en plus évident que DC n’a aucun plan et se raccroche à tout ce qui peut encore marcher.

Dans ce contexte, nous n’attendons plus rien de cet univers en miette. Zack Snyder avait construit des fondations solides autour d’un concept différent de Marvel, mais la Warner a préféré copier ce qui marche bien et rapporte du biff. Malheureusement, tout le monde trinque dans cette histoire, et les fans en premier lieu. Le bashing de BVS a eu forcément de répercussions négatives sur toute cette purée périmée. Les gens n’ont pas accepté un univers qui n’en était qu’à son introduction, préférant gueuler sur le point Martha au lieu de chercher à comprendre le fond artistique et encourager la prise de risque. A force de comparer l’incomparable, le public a eu ce qu’il méritait, un film hybride entre la simplicité d’un Marvel Studios et la maturité organique d’un DC, deux points de vue incompatibles qui ont donné naissance à un Justice League difforme et sans aucune âme.
La suite fait peur. Vraiment.

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