Review VF : Grant Morrison présente Batman Incorporated – Tome 7, chez Urban Comics
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Grant Morrison nous présente, chez Urban Comics, Batman Incorporated – Tome 7. Un tome consacré à la création de Batman Incorporated. Alors Mr Morrison, un Batman à l’international, c’était une « Grant » idée ? Review. Previously in Batman… On ne va pas se mentir, le run de Morrison est aussi ambitieux que casse-gueule. Attention ça va ..

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Review VF : Grant Morrison présente Batman Incorporated – Tome 7, chez Urban Comics

Grant Morrison nous présente, chez Urban Comics, Batman Incorporated – Tome 7. Un tome consacré à la création de Batman Incorporated. Alors Mr Morrison, un Batman à l’international, c’était une « Grant » idée ? Review.

Previously in Batman…

Grant-Morrison-Batman inc 7

On ne va pas se mentir, le run de Morrison est aussi ambitieux que casse-gueule. Attention ça va spoiler sévère, alors si vous n’avez pas encore lu les 6 tomes précédents, je vous conseille de vous tirer tout de suite !

Depuis le début de cette saga, Morrison bouleverse le bat-verse. D’abord en apportant un nouveau Robin dans l’histoire, et pas des moindres, LE FILS de Batman et Talia, Damian.

Le mystérieux Dr Hurt entre en scène et commence à foutre un sérieux bordel dans l’esprit de Batman. Puis Batman meurt, et Dick-Nightwing-Grayson se glisse sous le costume. Et Batman n’est pas mort en fait (SURPRISE MOTHER FUCKER !). Il s’est fait balancer à travers le temps par Darkseid. Bruce va devoir traverser les époques, rencontrant ses ancêtres, afin de regagner le présent. Enfin de retour, Batou affronte le docteur Hurt, clamant être en réalité Thomas Wayne ! Le père de Bruce ! Ou pas…

Pour terminer, Bruce Wayne annonce publiquement qu’il financera Batman Incorporated, un rassemblement de Batmen à travers le monde. Fiouuuuu, donc voilà où nous en sommes.

 

Batman Incorporated, entre le génie et le kitsch

Le tome 7 s’articule en plusieurs chapitres nous montrant Batman faisant le tour du monde à la recherche des parfaits Batmen. Chaque pays visité à le droit à son intrigue, son méchant et ses costumes. C’est là où il faut faire un gros effort de tolérance.

Au delà des clichés des costumes représentant chaque pays (El Gaucho et sa grosse moustache, Frère Chiroptère est un Grand Chef Indien masqué), on a quand même la sensation de regarder une série des années 60, à l’époque où le ridicule ne tuait pas. Mais Yanick Paquette et (l’immense) Chris Burnham font un boulot tellement magnifique que l’on accepte tous les délires visuels ! Même si ça reste assez déstabilisant tant la trame de fond est noire et complexe.

Grant Morrison, où l’art de rendre compliqué un truc évident

Je reviens deux secondes sur le tome 5 de cette série, « Le retour de Bruce Wayne » qui va illustrer à la perfection le talent de brouilleur de piste de Morrison. Et ce n’est pas sa plus grande qualité !

Dans le tome 5 donc, Bruce doit remonter le temps, poursuivit par une entité cherchant à le tuer. Il sera aidé de ses ancêtres et y rencontrera notamment celui du Dr Hurt.

Dans chaque époque il devra résoudre des affaires afin de passer à la suite (comme Code Quantum quoi). Mais un peu à la manière d’un Damon Lindelof (scénariste de LOST ou de Prometheus), Grant Morrison ne trace pas de ligne droite pour raconter son histoire. Non il va faire des noeuds, des voix sans issues, philosopher à base de paraphrases sur des sujets qui sembleraient trop évidents pour nous lecteurs. Du coup on suit la progression en admettant, en pigeant dans les grandes lignes ce que l’esprit souffrant de Morrison à voulu dire.

J’ai l’impression qu’on me prend pour un con. Qu’on emballe dans du papier doré, un objet commun. C’est un peu ça Morrison.

Pareil pour ce nouvel arc de Batman Incorporated. Avec l’arrivée de Léviathan, organisation criminelle mondiale, cherchant à faire s’écrouler la société moderne (tiens un peu comme un certain Ra’s Al Ghul…), l’auteur aurait juste pu montrer un montée en puissance de l’ombre criminelle qu’est Léviathan. Mais non.

Encore une fois, il complique tout. Il nous confronte au Docteur Dédale, à une mythologie antique, à une arme de destruction massive, à un piège machiavélique, tout ça mêlant toutes les histoires de tous les Batmen. Certaines scènes à la limite du compréhensible superposent le passé, le présent, le futur, et une narration n’ayant rien à voir. Tout est suggéré, rien n’est dit, rien n’est clair, mais l’histoire avance…

Et là j’ai ressenti comme à chaque fois que je me retrouve devant la scène diabolique de « Matrix Reloded », avec l’architecte qui parle de tout de rien, qui fait tout pour compliquer ses propos à base de mots de plus de cinq syllabes alors qu’il te raconte le pourquoi de l’histoire. J’ai l’impression qu’on me prend pour un con. Qu’on m’emballe dans du papier doré, un objet commun. C’est un peu ça Morrison.

*SPOILER*

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Parce qu’en plus à la fin, toute notre lecture est résumée par Talia (Léviathan c’est elle en fait) : Tout ça, toute cette histoire de labyrinthe, de Dédale et de branlette mystico-relou, c’était juste pour occuper et essouffler le Batman et sa bande, afin que Léviathan mette ses pions en place et détruise tout ce que le héros à voulu créer, y compris son propre fils. Voilà ! C’est tout.

Merci Paquette, merci Burnham… Merci de me faire aimer le travail de Morrison

Grant Morrison, on aime ou on déteste. Il est capable de choses puissantes et intelligentes, comme de masturbations cérébrales fatigantes et vaines. Je déteste être pris pour un con comme ça, mais je dois avouer que la balade est quand même franchement agréable.

Merci Paquette, merci Burnham de faire que ce récit sans queue ni tête soit mis en scène avec brio, avec des dessins plus que parfaits, et un sens du tragique sublimé, merci de me faire aimer le travail de Morrison.

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