Deadpool, un one-man show d’action de deux heures

Deadpool, un one-man show d’action de deux heures

Depuis un extrait fuité sur le net en juillet 2014, la hype est montée sans cesse autour du film Deadpool, jusqu’à le faire devenir l’un des films les plus attendus de ce début d’année 2016.

Cette fan-base colossale et qui ne demande qu’à grandir est une aubaine pour la Fox, dont la franchise X-Men reste son unique chance d’exister de façon crédible dans le marché du film de super-héros, après une tentative ratée de ramener les Fantastic Four sur le devant de la scène l’été dernier, avec le résultat et la polémique qu’on connaît, notamment le sabotage du travail du réalisateur Josh Trank. Le studio va alors appuyer le marketing et la communication autour de Deadpool, avec une campagne menée tambour battant sur un ton décalé propre au personnage, qui va vite intéresser et séduire les connaisseurs comme les néophytes, et promet déjà un gros succès au box-office.

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Casser des gueules et casser des codes

Dans les comics, le personnage de Deadpool est un être à part. Dôté de capacités surhumaines et du même facteur guérisseur que Wolverine à la suite des expériences faites sur lui dans le cadre du projet Arme X, on peut supposer que Wade Wilson a littéralement pété un câble pour devenir ce personnage complètement barré qu’on connait. Deadpool a séduit de nombreux lecteurs par son univers rafraîchissant et souvent léger dans ses enjeux, surtout face à la sacro-sainte continuité Marvel sans cesse bouleversée par des évènements et autres crises, tel Secret Wars récemment. Deadpool, c’est le best buddy du lecteur, on se marre avec lui, et il s’adresse souvent directement à nous, en brisant volontiers le quatrième mur.

La promesse de l’adaptation au cinéma d’un tel personnage est largement tenue par la Fox. Les fans seront ravis de constater (comme on a pu déjà s’en apercevoir dans les trailers et dans la promo autour du film) que Deadpool est tout aussi blagueur, grivois, impertinent que dans les comics Marvel. Ryan Reynolds a fait une affaire personnelle de ce film, avec une certaine volonté de se racheter d’un piètre Green Lantern, et d’une première version muette et totalement dégueulasse de Deadpool, dans le premier spin-off Wolverine Origins. Reynolds s’en donne ici à cœur joie, dans la vanne inspirée (pas toujours de haut vol), le cabotinage et prend bien souvent le public à parti, n’hésitant pas, dès le générique, à en mettre plein la gueule à son film – il tacle volontiers les X-Men, les costumes et le budget du film-, à la Fox , à l’industrie d’Hollywood et à lui-même y compris.

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Original mais pas exempt de défauts

Le film dans sa forme se veut également assez original : on démarre par le milieu, on revient en arrière par des flashbacks, puis on repart en avant par des avances rapides visibles à l’écran. Tim Miller se veut aussi irrévérencieux que son personnage dans la réal’ de son film. Il nous offre également de très bons moments d’action : des scènes de combat rapprochées bien chorégraphiées et bien filmées, ou d’impressionnantes scènes de fusillade, avec certains moments de grâce filmés au ralenti rappelant certains effets du film Wanted de Timur Bekmambetov avec James McAvoy, le nouveau professeur X, que Deadpool évoque de façon assez drôle en s’identifiant à nouveau au public, rappelant que la timeline de la saga X-Men devient vraiment compliquée à suivre ! On peut également être agréablement surpris par le niveau de violence que s’est permis la Fox pour un film de super-héros : ça saigne, ça écrase des gueules, ça éclate des cervelles, et ça baise un peu (plaisir solo ou accompagné).

En revanche dans le fond, on peut lui trouver certains défauts : un scénario assez basique et prévisible, un méchant, Ajax, pas inoubliable, et des personnages secondaires très peu développés.Clairement le film repose sur son personnage, et l’histoire se veut finalement assez anecdotique, avec pour seul intérêt de présenter une origin story assez simple pour son nouveau phénomène, qui a de belles années devant lui au sein de la Fox.

Mais qu’en est-il de la place Deadpool au sein de l’univers des X-Men ?

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Univers (D)étendu

***Spoiler Alert : les lignes qui suivent révèlent des informations sur le film en rapport avec les X-Men et sa suite déjà annoncée.***

Deadpool est donc le nouvel invité de marque dans la franchise des X-Men. Il pourrait clairement devenir le fer de lance de la Fox tant sa popularité est grande ; le studio vient d’ailleurs de confirmer une suite au film très prochainement.

Dans le film, les X-Men sont évoqués d’entrée. On comprend que Deadpool les connaît et qu’il les méprise gentiment : il les apprécie mais considère que ce sont de braves boy-scouts, professeurs dans une école d’ados prè-pubères mal dans leur peau. Très peu pour lui ! Rapidement on aperçoit l’entrée de l’école Xavier, mais malheureusement tout ce qu’on en verra se limitera à… la cuisine, où Colossus prend son p’tit déj.

Colossus prend connaissance aux infos du bordel que Deadpool est en train de causer en ville, et c’est ainsi qu’il prend place dans le film, avec à ses côtés la jeune « Negasonic Teenage Warhead », rien que ça (Oui, Deadpool va se foutre de sa gueule pour ce nom improbable), présente pour le nombre mais dont on ne saura pas grand chose. Le colosse en métal n’apparaît lui que sous sa forme mutante, avec un design soigné, moins « chromé » que d’habitude et plus costaud. On peut toutefois regretter sa caractérisation, assez naïve, et son accent russe très stéréotypé – qui rappelle parfois la vilaine performance de Mickey Rourke dans Iron Man 2-. On aurait également volontiers sacrifié quelques scènes de blague au profit d’un background un minimum développé pour ce personnage apprécié des fans de l’univers mutant, qui a toujours été traité comme un second couteau à peine présent dans les films X-Men. C’est pourtant ici bien lui le représentant de l’école mutante, et qui fait des appels du pied à Deadpool pour que celui-ci rejoigne l’équipe de Xavier. Pour l’instant il essuie un refus, mais l’avenir n’est pas moins excitant pour autant…

Gros spoiler : en effet, la scène post-générique annonce, sans le montrer, la présence dans le prochain film d’un certain Cable…

***FIN DES SPOILERS***

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Verdict

En conclusion, je retiendrais de la première adaptation sur grand écran de Deadpool une belle vague de fraîcheur dans le petit monde des super-héros Marvel au cinéma, dans un film totalement déjanté et assez osé de la part de la Fox. Les fans seront ravis de voir cette adaptation réussie, et ceux qui le découvrent tomberont forcément sous le charme de ce personnage attachant et drôle. Toutefois, les plus raisonnables noteront les petits défauts et les quelques manques qui empêchent de faire de ce film une réussite totale, le cantonnant à une formidable porte d’entrée dans l’univers du personnage sous la forme d’un gros one-man show d’action de 2h, ce qui est déjà une belle réussite !

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