Cloverfield Paradox : la critique en streaming

Cloverfield Paradox : la critique en streaming

A peine annoncé qu’il était déjà dispo sur Netflix, le troisième volet de la saga Cloverfield nous fait prendre de la hauteur dans un huit clos spatial.

Cloverfield, un Paradox qui porte bien son nom…

Cloverfield Paradox entend expliquer l’origine des attaques du premier Cloverfield, en distillant quelques easter eggs à l’excellent 10 Cloverfield Lane, et en enfonçant un peu plus l’univers dans une thématique spatio-temporelle  plus complexe afin de donner du corps à l’histoire générale… sans réellement y parvenir. Autant être direct avec vous, le film est plutôt raté et passe de très très loin à côté de sa tentative d’épaissir le fond du scénario global de la franchise.
En cherchant à apporter de la substance, le film se perd littéralement dans une sorte de sous ambiance à la Alien, le plus souvent pitoyablement compte tenu qu’aucune réelle menace ne se met en branle, excepté de brèves distorsions de temps et de l’espace, ainsi que des compressions d’univers parallèles qui donnent des scènes faussement complexes, parfois intéressantes, mais toujours gâchées par un humour nul à chier (sur les murs). Ce vrai défaut d’écriture (et d’humour) nous suit pendant tout le film et se matérialise dans le pire personnage écrit pour un film de SF : Mundy, sur-joué par le très mauvais Chris O’Dowd. Le type se fait tout de même arracher un bras et trouve le moyen d’en faire une blague. Pire, ça ne le gêne à aucun moment, il n’en a juste rien à foutre, comme à peu près tous ses collègues d’ailleurs. Parce que oui, les gens meurent les uns après les autres dans ce qui pourrait être une parodie de Destination Finale, dans une indifférence la plus totale. Tout le monde s’en cague comme on dit chez moi… Je n’avais jamais vu un tel niveau d’empathie depuis Alien Covenant, qui était déjà bien moisi sur ce point là.
Cloverfield Paradox nous invite à suivre Ava et son histoire totalement inintéressante plus pathos tu meurs, et un équipage ennuyeux au possible, dans une course contre la montre pour sauver la Terre d’une troisième guerre mondiale en plein contexte d’épuisement des ressources, et tout ça depuis l’espace s’il vous plait ! Puis vient une course effrénée pour revenir dans notre univers et retrouver la Terre. Mais rien ne va se dérouler comme ils le pensent… Vous l’aurez compris, c’est mauvais, les acteurs patinent tous dans le néant, excepté Elizabeth Debicki dans le rôle de Jenssen, qui sort du lot aussi bien dans son jeu que dans l’écriture de son personnage.
Bref, on attendait vraiment autre chose après 10 Cloverfield Lane, qui rappelons le, a été une petite claque en 2016 avec un scénario solide et une ambiance des plus pertinentes.

Cloverfield Paradox

Ce film fait mal aux yeux…

Un modèle qui ne convient pas au média

Paradox ressemble beaucoup à un téléfilm finalement, avec un petit budget de 45 millions de dollars, le long-métrage ne donne jamais l’impression d’être une grosse production. Cela est dû au choix de diffuser Cloverfield sur Netflix. Le célèbre diffuseur de streaming applique son propre marketing de réseau, en passant par une communication massive et une sortie simultanée qui érode totalement nos habitudes. Qui dit « pas d’attente » dit « pas de hype ». Et qui dit « Pas de hype » dit… pas de passion. Bad Robot s’applique depuis le départ à communiquer différemment avec Cloverfield, à grand coup de marketing viral sur le web, jeux de pistes… la fanbase répondant présent autour de ce concept alléchant et de deux bons premiers films dans les rails. Le basculement chez Netflix offre certes une visibilité très importante à la saga, en contrepartie celle-ci peut dire au revoir au « prestige » du cinéma, qui n’est pas mort contrairement à ce qu’on peut lire par-ci par-là. La machine de production Netflix aurait plutôt tendance à nous montrer ses limites avec de plus en plus de films et de séries qui flop telles que Altered Carbon ou encore The Defenders. Le côté immédiat relance le débat d’une génération qui veut tout et tout de suite, négligeant la qualité au profit d’une consommation de masse à usage unique dont la tendance destructrice fait plus de mal à l’industrie qu’autre chose. Balancer un trailer la veille de la sortie en ligne d’un film n’apporte qu’un buzz immédiat sur du court terme, et ne tient en aucun cas compte des avis des gens tout au long des campagnes de promo pour dresser une tendance durant le montage. On en revient donc à la fin de la hype, et c’est bien dommage.

cloverfield paradox

« Pourquoi j’ai signé ? »

 

Un volet sacrifié ? On en est pas loin. Bad Robot étouffe son oeuvre dans le catalogue immense et mal organisé du géant Netflix. Cloverfield Paradox aura peut être la chance de se retrouver dans les suggestions que le service sélectionnera pour vous, sinon il y a fort à parier que le film tombera dans l’oubli d’un service qu’on aime beaucoup, mais qui est encore très perfectible. On espère maintenant que la stratégie sera différente pour la suite de 10 Cloverfield Lane, qu’on attend avec impatience tout de même. On n’est pas susceptible…

 

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