Suicide Squad : la critique qui fait boum

Suicide Squad : la critique qui fait boum

Suicide Squad en enfin sorti en salles et fait beaucoup, beaucoup parler de lui. On va avoir droit aux mêmes torrents de merde à chaque sortie DC Comics, et ça, c’est très mauvais pour une diversité pourtant souvent pointée du doigt ces dernières années, entre les reboots et les remakes qu’on se tape à toutes les sauces. Je vais tenter d’apporter un peu de nuance à toute cette haine, certainement conditionnée par la locomotive aux grandes oreilles, autour d’un film qui ne mérite surement pas le bucher.

Suicide Squad : Crier pour ne rien dire

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter les statistiques RottenTomatoes, en cherchant sur le net cliquant vous pourrez voir à quel point l’écart entre la presse et les spectateurs est à la limite d’un foutage de gueule atomique. Et il est grand temps que les critiques redescendent un peu au niveau du peuple, sous peine d’être définitivement ridiculisés par quelques très bons youtubers. Après tout, on parle d’adaptations de comics, pas de films d’auteurs. Mais je reviendrais là dessus à la fin de mon avis.

Suicide Squad est un « petit » film à 175 millions de dollars. Petit parce que pas de scénar, petit parce que pas de vrai méchant ni d’enjeux, petit parce que très peu de portée pour le DCEU, petit parce que… petit. Suicide Squad a plein de défauts, mais on ne peut s’appuyer sur un budget, certes confortable, pour juger de la qualité d’un film. Parce que sinon, Transformers serait un chef d’oeuvre, tu vois ? Il faut également remettre à échelle les recettes d’un film vis à vis de son budget. Mais on ne peut pas s’appuyer sur des recettes, certes confortables, pour juger de la qualité d’un film (Transformers, toussa…).
Vous l’aurez compris, je passerai outre le pitch beaucoup trop convenu. Pour autant le scénario n’est pas non plus ridicule, c’est la base d’énormément de films (bons ou mauvais d’ailleurs) des années 90. Et c’est peut-être ça qui gène le plus. Le film est construit, autant dans son écriture que dans l’articulation de sa production, comme un film d’action des années Schwarzie. Le film veut montrer beaucoup de choses, notamment de nombreux personnages, tout en restant hyper simple d’accès dans une succession de scènes qui s’enchaînent avec un peu trop de fluidité et un peu moins de cohérence. Pour autant, on ne s’ennuie pas une seconde et le rythme est excellent.

Harley Quinn dans Suicide Squad

Will Smith and the Suicide Squad

Comme je le précisais plus haut, le film se concentre sur beaucoup de personnages et tente de nous les présenter avant de les réunir pour affronter la grande menace qui fait peur. Ce qui tend à couper le film en deux parties. La première étant artistiquement intéressante et riche d’idées (bonnes et mauvaises) et la seconde beaucoup plus convenue (gunfight, gunfight et gunfight). On ne va pas se mentir, ce sont bien Deathshot (Will Smith) et Harley Quinn (Margot Robbie) qui tirent leur épingle du jeu avec un temps de présence largement supérieur aux autres membres de la team, dont certains vous paraîtront totalement anecdotiques. Et on pouvait s’en douter. Ne faites pas votre vierge effarouchée, il était EVIDENT que Will Smith ne signerait pas pour un second rôle (en a-t-il eu ne serait-ce qu’un depuis Men in Black ?). Comme il était évident que Will Smith ferait plus du Will Smith que du Deathshot… parce que c’est Will Smith ! Suicide Squad souffre à coeur ouvert du regard de son acteur phare, car le monopole de sa présence a trop tendance à rendre les méchants beaucoup trop… gentils ! Le concept de la team bad guys prend un petit coup dans l’aile, mais rien de bien méchant (admirez le jeu de mots).

Margot Robbie est très convaincante dans son rôle de la biatch petite amie du Joker. Elle fait le taff et nous fait plaisir malgré une VF déplorable. Quant au Joker… hyper difficile de juger le personnage sur ses dix minutes d’apparition. A ce sujet, il y a une grosse hypocrisie à la fois chez la Warner pour avoir survendu le personnage dans ses trailers, et aux spectateurs qui ont vraiment cru que le Joker aurait plus de temps à l’écran, au risque de prendre le pas sur l’escadron suicide lui-même et de la faire passer au second plan (on parle du Joker, le méchant le plus charismatique du tout DC). Un risque impossible pour la production, il était tellement évident que Jared Leto aurait peu de temps de jeu dans le film !
Sa première apparition, complètement éthérée, m’a coupé le souffle tant j’aime le personnage. Sa seconde apparition divise totalement les fans, et il y a de quoi ! Je ne savais plus trop quoi en penser tant la scène va loin dans le mauvais goût et dans sa liberté d’interprétation du clown. Mais la suite m’a réconforté avec le Joker au point de l’aimer vraiment. J’ai hâte d’en voir plus. La prestation de Jared Leto est très « comics » tout en étant éloignée de celui-ci. C’est à la fois perturbant et délicieux. Une belle surprise.

Je tiens à finir le tour des personnages par un big up à Jai Courtney, alias Captain Boomerang, qui nous livre pour la première fois de sa carrière une prestation correcte. Bravo.

Joker Suicide Squad
Du côté des vrais méchants du film, c’est chaud tellement c’est raté. Le grand méchant en lui-même n’est pas si mauvais, mais ses sbires ne ressemblent à rien au point d’en être totalement ridicules. Les enjeux sont hyper flous et ont du mal à nous convaincre. Tout ressemble trop à un gros bonbon sans sucres, les mêmes dégueulasses que votre grand mère vous filait quand vous étiez petits (les bonbons La Vosgienne, tu connais ?).

Why so serious ?

D’un point de vue plus global, le film ressemble à un enchaînement de clips avec de la bonne musique. C’est bien sans être fou, mais on se prend au jeu. Après que la terre entière ait critiqué Batman V Superman pour son côté trop sombre, trop sérieux, trop mature… David Ayer a choisi de faire tout l’inverse. Mais apparemment ça ne passe pas non plus. Pourtant on a ici un film totalement conforme à ce qu’on nous propose depuis des années en adaptations comics. Je prends par exemple le très surestimé Deadpool, sorti cette année. Le film a exactement les mêmes défauts qu’on reproche à Suicide Squad (et même plus) : un scénario ras des pâquerettes, un méchant moisi, un combat final à chier, un humour pré-ado insupportable (c’est le American Pie des comics, sérieux), une tonnes de flashbacks, et une bande son bif bof. Pire, Deadpool ne repose que sur trois grands piliers : la nouveauté, son perso trop cool, et l’humour. Sachant qu’une fois le film vu, la nouveauté n’existe plus, et l’humour de ce film me donnant des boutons, l’intérêt de Deadpool s’écroule après un unique visionnage seulement. Ce qui n’est pas le cas de Suicide Squad. Et puisqu’on compare aussi Suicide Squad aux Guardians of the Galaxy… eh bien en fait non, je n’ai rien dit, le film de James Gunn est bien meilleur…
Pour finir, je pense vraiment que le plus gros défaut de Suicide Squad est qu’il est l’adaptation d’un comics qui n’a pas su nous convaincre depuis des années, pas étonnant que le film ne soit pas énorme. Ce choix est aussi étonnant que risqué pour la Warner et l’avenir du DCEU.

Suicide Squad n’est ni une grosse merde, ni un chef d’oeuvre. C’est un film moyen, au mieux un bon divertissement. Dans tous les cas, Suicide Squad ne mérite pas son bashing. Il ne mérite même pas qu’on parle autant de lui, que ce soit en bien ou en mal d’ailleurs. Pour autant, on ne peut pas s’empêcher de le défendre face à cette horde de critiques malsaines qui tendent à détruire le cinéma qui prend des risques. Parce que oui, Suicide Squad prend un nombre incalculable de risques, suffit de voir le Joker. Je l’ai déjà dit et je me répète, mais basher (ce qui est différent de donner un avis) ce genre d’oeuvre, c’est d’abord enculer les mouches, parce que Suicide Squad ne prétend rien de plus qu’un divertissement so 90, mais c’est aussi pousser à l’uniformisation totale des adaptations comics sur un modèle unique, celui de Disney. Et c’est ce qui va se passer quand les producteurs ne voudront plus prendre de risques. Là encore, c’est évident…

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